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1889

Après-midi

Maurice MAETERLINCK

Mes yeux ont pris mon âme au piège, Mon Dieu, laissez tomber, mon Dieu, Un peu de feuilles sur la neige, Un peu de neige sur le feu.

J’ai du soleil sur l’oreiller, Toujours les mêmes heures sonnent ; Et mes regards vont s’effeuiller Sur des mourantes qui moissonnent…

Mes mains cueillent de l’herbe sèche. Et mes yeux ternis de sommeil, Sont des malades sans eau fraîche, Et des fleurs de cave au soleil.

J’attends de l’eau sur le gazon Et sur mes songes immobiles, Et mes regards à l’horizon Suivent des agneaux dans les villes.

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