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1889

Âme de serre

Maurice MAETERLINCK

Je vois des songes dans mes yeux ; Et mon âme enclose sous verre, Éclairant sa mobile serre, Affleure les vitrages bleus.

Ô les serres de l’âme tiède, Les lys contre les verres clos, Les roseaux éclos sous leurs eaux Et tous mes désirs sans remède !

Je voudrais atteindre, à travers L’oubli de mes pupilles closes, Les ombelles autrefois roses De tous mes songes entr’ouverts…

J’attends pour voir leurs feuilles mortes Reverdir un peu dans mes yeux ; J’attends que la lune aux doigts bleus Entr’ouvre en silence les portes.

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Âme de serre · Maurice MAETERLINCK · Poetry Cove