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1889

Âme chaude

Maurice MAETERLINCK

Ô mes yeux que l’ombre élucide À travers mes désirs divers, Et mon cœur aux rêves ouverts, Et mes nuits dans mon âme humide !

J’ai trempé dans mon esprit bleu Les roses des attentes mortes ; Et mes cils ont fermé les portes Sur des vœux qui n’auront plus lieu.

Mes doigts aux pâles indolences Élèvent en vain, chaque soir, Les cloches vertes de l’espoir Sur l’herbe mauve des absences.

Et mon âme impuissante a peur Des songes aigus de ma bouche, Au milieu des lys que j’attouche ; Éclipse aux moires de mon cœur !…

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Âme chaude · Maurice MAETERLINCK · Poetry Cove