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1886

PROLOGUE EN VERS

Maurice MAC-NAB

Au moment d'aborder la scène. Tout débutant se sent ému ; Le cœur manque au plus résolu. Sa voix tremble, il respire à peine,

Et redoute, non sans raison, Les regards de son auditoire ! Eh bien, messieurs, voilà l'histoire De nos artistes de salon !

Car, malgré leurs progrès rapides, Les plus hardis sont bien timides. Ils se cachent, car ils ont peur, Et, tout en repassant leur rôle,

Cherchent à se donner du cœur. Tandis que je prends la parole, Surmontant mon émotion. Jaloux d'avoir votre suffrage,

Je me suis chargé d'un message Avec recommandation : N'embrouillez pas nos petits drames ; Souffleur, tâchez de bien souffler ;

Messieurs, daignez ne pas siffler ; Ne nous lorgnez pas trop, mesdames ! Sur ce théâtre improvisé, Nous faisons acte de prudence

En réclamant votre indulgence Avant d'en avoir abusé !

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