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1886

LES POÊLES MOBILES

Maurice MAC-NAB

Le poêle, c'est l'ami qui, dans la froide chambre, Triomphant des frimas nous fait croire aux beaux jours. Sou ardente chaleur nous ranime en décembre Et sous le ciel glacé réchauffe nos amours !

Au printemps, lorsque la pervenche Fleurit bleu, sous les arbres verts, Et que la jeune rose penche Ses boutons à peine entr'ouverts,

O poêle, tu n'es plus le charme de nos veilles : Il te chasse bien loin, le souffle printanier. Et la morte-saison te relègue au grenier, Où, seul et triste, tu sommeilles !…

Mais maintenant, plus de verdure, Plus de soleil, et plus de fleurs ! Voici que revient la froidure, La froidure aux pâles couleurs.

Chauffez-vous, frêles Parisiennes, Puisque le gazon n'est plus vert. Tandis qu'à travers vos persiennes Siffle le triste vent d'hiver !

Du feu, pour que vos lèvres roses Trouvent des baisers plus ardents ! Du feu, pour qu'en vos chambres closes L'amour demeure plus longtemps.

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