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1891

LE GRAND MÉTINGUE

Maurice MAC-NAB

C’était hier samedi jour de paye Et le soleil se levait sur nos fronts ; J’avais déjà vidé plus d’un’ bouteille Si bien qu’jamais j’m’avais trouvé si rond.

V’là la bourgeois’ qui rappliqu’ devant l’zingue : « Brigand, qu’ell’ dit, t’as donc lâché l’turbin ! » Oui que j’réponds, car je vais au métingue Au grand métingu’ du Métropolitain !

Les citoyens dans un élan sublime, Étaient venus guidés par la raison. À la porte, on donnait vingt-cinq centimes, Pour soutenir les grèves de Vierzon.

Bref, à part quat’ municipaux qui chlingue Et trois sergots déguisés en pékins, J’ai jamais vu de plus chouette métingue Que le métingu’ du Métropolitain !

Y avait Basly, le mineur indomptable, Camélinat, l’orgueille du pays… Ils sont grimpés tous deux sur une table, Pour mettre la question sur le tapis.

Mais tout à coup on entend du bastringue, C’est un mouchard qui veut fair’ le malin, Il est venu pour troubler le métingue, Le grand métingu’ du Métropolitain :

Moi j’tomb’ dessus, et pendant qu’il proteste, D’un grand coup d’poing j’y renfonc’ son chapeau ; Il déguerpit sans demander son reste, En faisant signe aux quat’ municipaux ;

À la faveur de c’que j’étais brind’zingue On m’a conduit jusqu’au poste voisin… Et c’est comm’ ça qu’a fini le métingue, Le grand métingu’ du Metropolitain !

Peuple français, la Bastille est détruite, Il y a z’encor des cachots pour tes fils !… Souviens-toi des géants de quarante-huite Qu’étaient plus grands qu’ceuss’d’aujour d’aujourd’hui

Car c’est toujours l’pauvre ouverrier qui trinque, Mém’ qu’on le fourre au violon pour un rien… C’était tout d'même un bien chouette métingue Que le métingu’ du Métropolitain !

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