Skip to content
1886

LA CORVÉE DE QUARTIER

Maurice MAC-NAB

Au lever de l'aurore, un jeune brigadier Conduisait des soldats dans un coin du quartier. Ils n'étaient point armés pour de vastes conquêtes ; Ce n'étaient que balais, que pelles, que brouettes.

On allait attaquer cet ennemi mutin, Que sur la dalle humide on voit chaque matin ! Un tout jeune conscrit qui pensait à sa mère S'avançait en tremblant dans le sombre repaire.

Mais, soudain, le danger rend son cœur affermi : Il a, devant ses pieds, reconnu… l'ennemi… Tout frais, à peine éclos, fumant encor…, le traître, Ses pareils à deux fois ne se font point connaître :

« Va, maudit, va, rejoins tes compagnons épars ! A la saison prochaine, Ensemble vous irez féconder notre plaine Et jaunir les épis de Mars ! »

Ainsi dit le héros, et, poussant sa victime, Il la précipita jusqu'au fond de l'abîme, Et le gouffre béant l'engloutit tout entier !… C'est ainsi que, noyant cette maudite engeance

Un bon soldat sauve la France, Sans sortir du quartier !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LA CORVÉE DE QUARTIER · Maurice MAC-NAB · Poetry Cove