Skip to content
1886

L'OISEAU BLEU

Maurice MAC-NAB

Quand on me contait l'histoire De mon ami l'oiseau bleu, Vraiment j'essayais d'y croire, D'y croire un tout petit peu.

Car sa légende soulève Des horizons merveilleux Qui font que lorsqu'on y rêve Au réveil on est joyeux.

On me disait qu'à la brune Il fuyait le paradis Dans un blanc rayon de lune Loin des anges interdits !

Il se coiffait d'une aigrette D'émeraude et de rubis, Et piquait une fleurette Sur l'azur de ses habits !

Il avait des équipages Traînés par des papillons, De grands lézards verts pour pages, Des souris pour postillons.

Il avait dans son cortège : Petit-Poucet, Cendrillon, Noël, éclatant de neige, Les anges du réveillon !

La Belle au bois endormie, Gracieuse et Percinet, Urgelle, la fée amie Au gigantesque bonnet.

A chaque instant, pour lui plaire, Je m'efforçais de montrer Une sagesse exemplaire, Et me couchais sans pleurer.

Croyant avoir de la sorte Tous les joujoux que j'aimais ! Mais il frappait à ma porte Toujours quand je m'endormais !

Vous qui m'êtes apparue Dans un rayon de soleil. Et dont l'image est venue Illuminer mon sommeil,

Vous me rappelez l'histoire De mon ami l'oiseau bleu : Ah ! dites-moi, dois-je y croire, Y croire un tout petit peu ?

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L'OISEAU BLEU · Maurice MAC-NAB · Poetry Cove