Aux baisers caressants de vos lèvres câlines, Ô femmes, j’ai parfois ranimé mes ardeurs, En votre chair rosée enfonçant mes canines J’ai déjeuné d’amour et dîné d’impudeurs
Au fond de vos boudoirs pleins d’exquises odeurs ; Et pourtant, c’est en vain que ma main promenée Sur vos reins a cherché la chaleur incarnée : Séjour incombustible ainsi qu’un coffre-fort
Où j’ai trouvé toujours (étrange destinée) La froideur du derrière, image de la mort ! Explorateur hardi des formes féminines, Que j’ai doublé de caps et franchi d’équateurs !
J’ai vu des reins maigris par les longues famines Et d’autres étalant d’étonnantes rondeurs, Et je jure que tous ont les mêmes froideurs ! Aussi quand la luxure ardente, irraisonnée,
Dans les chauds soirs d’automne, ou dans la matinée, Invisible serpent me poursuit et me mord, Je redoute à l’égal d’une arme empoisonnée La froideur du derrière, image de la mort !
N’allez-vous pas bientôt, ô froides messalines, De vos volcans éteints rallumer les splendeurs ? Trop longtemps les frimas qui glacent ces collines Ont prodigué l’onglée à nos doigts maraudeurs
Qui s’en vont, des plaisirs légers ambassadeurs ! Ce qu’il nous faut à nous, viveurs, dont l’hyménée N’a pas encor tari l’âme passionnée, C’est la zone torride et non le pôle nord !
Femmes jeunes, laissez à la beauté fanée La froideur du derrière, image de la mort ! Ô princesse sans cœur, dont pendant une année Je n’ai pu réchauffer le royal périnée,
Jetez au feu ces vers qui flamberont bien fort, Pour chasser un moment de votre chair damnée La froideur du derrière, image de la mort !
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