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1891

À FONTAINEBLEAU

Maurice MAC-NAB

Un soir, à Fontainebleau, Une carpe centenaire, Sortant sa tête de l’eau, Dit : — C’est extraordinaire,

Dites-moi donc qui je vois, Carpillons, carpillonnettes, Dites-moi donc qui je vois Se promener près du bois ?

— C’est peut-être un roi puissant Qui vient près de nous, grand’mère, Se reposer en passant Des fatigues de la guerre !

— Si c’était un puissant roi, Carpillons, carpillonnettes, Si c’était un puissant roi, Il aurait beau palefroi !

— C’est peut-être un empereur… Voyez son regard céleste Et son front plein de candeur, Comme il est simple et modeste !

— Si c’était un empereur, Carpillons, carpillonnettes, Si c’était un empereur ! Il aurait garde d’honneur !

C’est un prince, pour le moins, Favori de la fortune, Il vient ici sans témoins Rêver au clair de la lune !

— Non, car un prince du sang, Carpillons, carpillonnettes. Non, car un prince du sang Serait d’or éblouissant !

— Plus de prince, d’empereur, Ni de roi… joie éphémère ! Il est parti, quel malheur ! Le reverrons-nous, grand’mère ?

— Ne vous désolez pas tant, Carpillons, carpillonnettes. Ne vous désolez pas tant, Car c’est notre président !

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