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1888

UN PORT

Pierre LOUŸS

L’ocre éclatant des rocs sur la mer bleue ailée S’ombre de lilas clair à l’aurore en éveil Dans le port ébloui d’azur et de soleil Qui pavane l’orgueil de sa queue ocellée.

Le quai monumental de marbres étagés Où s’éloignent des perspectives de colonnes Accueille les traitants venus des Barcelones Des Rhodes et des Tyrs vers ses ronds orangers.

Entre des zingari bariolés, des femmes Passent. Des bateliers bruns dorment sur les rames. Des nègres heurtent des cages et des ballots Lourds sur des planches frêles et jettent leur charge

Aux vaisseaux accroupis les ailes vers le large Prêts à partir, d’un vol lent, penchés sur les flots.

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UN PORT · Pierre LOUŸS · Poetry Cove