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1888

RETOUR

Pierre LOUŸS

Les tristesses de la saison Vont pleuvant sur cette maison Qui suinte ou pleure goutte à goutte. Ce que j’y heurte m’y déplaît.

Tout y est moisi, tout est laid, Tout m’y écoeure et m’en dégoûte. Pourtant, ce fut… Ah ! quel séjour ! Quel cœur de la nuit, cœur du jour !

Ô la sainte heure de l’aurore ! L’ultime heure des longs travaux Où des êtres toujours nouveaux S’accumulent ! Encore ! Encore !

Ici, j’aurai vécu du moins Sans ennemis et sans témoins Les larges heures de ma vie. Aussi je ne me plaindrai plus

De ces mornes jours révolus Que m’ont faits la haine et l’envie.

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