Skip to content
1888

[no title]

Pierre LOUŸS

Les yeux qui voient la mer et les champs et les eaux Verdissent comme une onde immobile et sereine. Il s’y balance encor le profil des roseaux Et leur charme se mêle au chant de la sirène.

La brume vespérale où dorment les étangs Voile d’ombre et de blanc leur eau mystérieuse, Et dans la paix du soir et des bois palpitants Leur glace éteinte autour des sombres bords se creuse.

D’autres yeux altérés d’y mirer leur effroi Se penchent sur leur nuit pour des nuits éternelles ; Mais le vierge narcisse ira fleurir, lys froid, Sans que les mornes yeux aient troublé leurs prunelles.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
[no title] · Pierre LOUŸS · Poetry Cove