Je chanterai des vers de onze syllabes,Je chanterai des vers de onze syllabes, De grands vers murmurés, des vers rouge et or,De grands vers murmurés, des vers rouge et or, Comme je les entends battre à mon oreille ;Comme je les entends battre à mon oreille ; Je chanterai la strophe éparse et distraite,Je chanterai la strophe éparse et distraite,
Bouclée au dernier mot par l’appel du cor.Bouclée au dernier mot par l’appel du cor. J’ouvrirai sans effort le carcan des rimes,J’ouvrirai sans effort le carcan des rimes, Ô muse ! qui serra ta gorge longtemps !Ô muse ! qui serra ta gorge longtemps ! — On entendra briller le chant des sourires. —— On entendra briller le chant des sourires. —
Tu quitteras pour moi les voiles antiques,Tu quitteras pour moi les voiles antiques, Idole vénérée aux seins éclatants.Idole vénérée aux seins éclatants. Je chanterai le rythme, unique harmonie,Je chanterai le rythme, unique harmonie, Souffle vivant du vers, chant mystérieux,Souffle vivant du vers, chant mystérieux,
— On entendra bondir les voix sanglotantes —— On entendra bondir les voix sanglotantes — Et j’oserai scander l’homme et la natureEt j’oserai scander l’homme et la nature Aux battements du cœur, aux sanglots des yeux.Aux battements du cœur, aux sanglots des yeux. Je dirai pour moi seul la douceur d’écrireJe dirai pour moi seul la douceur d’écrire
Et je posséderai mon rêve en rêvant ;Et je posséderai mon rêve en rêvant ; — On entendra frémir des odeurs de femme —— On entendra frémir des odeurs de femme — Je dirai les frissons amoureux qui passentJe dirai les frissons amoureux qui passent Et laissent le poète au soleil levant.Et laissent le poète au soleil levant.
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