Skip to content
1888

[no title]

Pierre LOUŸS

C’était une vallée horrible et toute nue, Un ravin labouré dans une ère inconnue Par la lave tumultueuse des volcans, Puis inondé d’azur par les bleus océans,

Sans doute. — Mais la mer, de marée en marée, S’était loin des grands monts sauvages retirée ; Et les déserts et les rochers n’entendaient plus Le bruit vague et chanteur du flux et du reflux.

Et le val restait morne entre les monts austères Où s’ouvraient fixement des gueules de cratères ; Et sans phase, la nuit, le jour, l’été, l’hiver, Le sillon monstrueux ravagé par la mer

Se désolait dans le silence. Immense et noire Une forêt poussait sur des pierres d’ivoire. Qui donc avait fait croître et grandir autrefois

Sur la blancheur des rocs l’obscurité des bois ? C’était une vallée horrible et toute nue…C’était une vallée horrible et toute nue…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
[no title] · Pierre LOUŸS · Poetry Cove