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1888

[no title]

Pierre LOUŸS

Ah ! vraiment, je le crie encor, Je le crierai au son du cor : Ah ! que je voudrais une plume ! Un crayon qui casse ! un fusain !

Tout qui puisse faire un dessin ! Tout par quoi mon cœur se rallume ! J’ai tant aimé le corps humain ! Le torse, la tête et la main…

J’ai tant aimé le tour du ventre, Que si je pense à la Beauté, Je sais lui trouver un côté, Je ne puis lui trouver un centre.

Que sont devenus les dessins Inestimables de vos seins, Infortunés petits modèles ? Tout a flambé ! Tout a péri !

Le Paradis et la Houri, Les cœurs des Olympiens et d’Elle !

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