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1888

LES AIGLES

Pierre LOUŸS

Le burg monstrueux d’ombre et les tours surplombantes Usurpateurs de l’épouvantement des vents Écoûtent dans l’effroi des ténèbres tombantes Les Héros fils de Dzeus et les dieux survivants

Conquérir la montagne aux cris des corybantes. Venus des eaux, des bois, des prés bleus, des étangs, Des brises, descendus des cieux, montés des vagues, Ils marchent à l’assaut des hautes portes vagues

De la Nuit romantique et du Songe et des Temps. Ils marchent, éblouis, couverts de lumière, ivres De fondre à leur soleil les neiges et les givres Et d’enfoncer le jour dans le mur crevassé ;

Et voici qu’au-dessus des armes et des torches, Beaux, et foudroyant d’or le noir deuil du Passé, Les aigles blancs passent à travers les grands porches.

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