Skip to content
1888

LA PREMIÈRE AMERTUME

Pierre LOUŸS

Quand elle écuma d’or sur la mer rose et verte Et de ses purs poings nus qu’adoraient les flots fins Prit les rêves d’iris aux nuques des dauphins Vers la terre conquise avant que découverte,

La brise qui sifflait d’une voix mélicerte À son oreille, vasque et fleur des prés marins, Le vent qui collait sa chevelure à ses reins Cristallisa la mer dans son aisselle ouverte.

Aussi quand l’Aube, de ses lourds yeux violets, Vit le char atterrir doucement aux galets Et s’alléger du corps souple de la déesse, L’Amant qui la coucha dans l’algue aux mille lacs

Put savourer avec une amère liesse La saveur d’Amphitrite au creux touffu des bras.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LA PREMIÈRE AMERTUME · Pierre LOUŸS · Poetry Cove