Skip to content
1888

LA NASARDE

Pierre LOUŸS

D’un seul bond, enfourchant la nuque du satyre, La nymphe rit, s’assied, cambre ses lestes reins, Frotte son petit ventre au col couvert de crins Et, les pieds en avant, toute souple, s’étire.

Pan surpris fait un pas. Il chancelle. Assourdi, Aveuglé dans l’étau des cuisses frémissantes, L’horrible dieu chéri par les adolescentes Voûte son large dos musculeux et grandi.

Il la porte. Elle rit, danse du bout des hanches, S’accoude au crâne hirsute, effeuille au vol des branches, Penche à l’ombre son front couronné de soleil, Risque un œil par-dessus les deux cornes, se montre,

Et son pied familier nargue d’un coup d’orteil Le monstre du désir qui monte à sa rencontre.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LA NASARDE · Pierre LOUŸS · Poetry Cove