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1888

LA FEMME AUX PAONS

Pierre LOUŸS

Des paons légers suivent une femme Sur le bleu d’un rêve. Une blancheur, un épithalame De plumes s’élève.

Les paons sont blancs, les plumes sont blanches : Elle est rouge et nue. Les paons câlins suivent vers ses hanches L’odeur reconnue.

Effleurant l’herbe, allongeant leurs queues, Ils vont derrière elle Qui disparaît sous les branches bleues, Fugitive et frêle.

C’est un soupir, c’est une caresse Leur démarche ailée. Ils ont aimé cette chasseresse Dans l’ombre étoilée.

Ils ont moulé leur col à son ventre, À son dos leurs plumes, Et longuement se glissent vers l’antre Comme un vol de brumes,

Vers l’antre bleu des fleurs nuptiales, Des fleurs fraternelles, Où s’abandonnent les cheveux pâles Mêlés dans les ailes.

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LA FEMME AUX PAONS · Pierre LOUŸS · Poetry Cove