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1888

L’AUBE DE LA LUNE

Pierre LOUŸS

Regarde la naissance ardente de la lune, Ô Stulcas ! c’est un cœur qui verse sur les eaux Le sang d’une aube horrible et les subtils réseaux Qui livrent la dryade à sa triste fortune.

Les ombres des palmiers s’éveillent, et chacune Traîne deux fils de flamme à ses obscurs fuseaux, Et les crins du centaure et l’aile des oiseaux Se haussent, alourdis d’une pourpre importune.

Le bruit des palmes doux comme la pluie en mer Tombe et coule sur les bras nus des nymphes. L’air Tremble, invisible vol de fraîcheurs fantastiques. Tout dort. Un crapaud rond plonge dans l’étang clair.

La corne du satyre hostile aux troncs antiques Se détourne des bois et se heurte à la nuit.Se détourne des bois et se heurte à la nuit.

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L’AUBE DE LA LUNE · Pierre LOUŸS · Poetry Cove