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1888

JOUR D’HIVER

Pierre LOUŸS

Nymphes en pleurs. Le vent disperse leur cortège. La naïade allongée au creux des ruisseaux froids Contre sa bouche bleue assemble ses dix doigts, Et les satyres morts ont des tombes de neige.

La terre étrange comme un visage poudré Est clarté sous la nuit et vaguement s’irise, Champ pâle où tombera l’écharpe rose et grise De l’aube, avec des fleurs de son geste égaré.

« Hélas ! quand l’Adonis aux bras lourds de rosées Reviendra-t-il vers nous des plaines élysées ? Ressuscite, Adoré qu’Élythris allaita ! Hesper, attire-nous du souris d’une étoile !

Nul ne verra-t-il plus de l’Olympe à l’Œta La cérulée Iris arquer son triple voile ? »

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