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1888

III

Pierre LOUŸS

Les arbres des forêts sont des femmes très belles Dont l’invisible corps sous l’écorce est vivant. La plus pure eau du ciel les abreuve, et le vent En séchant leurs cheveux les couronne d’ombelles.

Leur front n’est pas chargé de la tour des Cybèles : L’ombre seule des fleurs sur leur regard mouvant Retombe, et le long de leurs bras se poursuivant, Tournent les lierres verts qu’empourprent les rubelles.

Les arbres des forêts sont des femmes debout Qui le jour portent l’aigle et la nuit le hibou Puis les regardent fuir sur la terre inconnue : La rapide espérance et le rêve incertain

S’envolent tour à tour de leur épaule nue Et la captive en pleurs s’enracine au destin.

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