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1888

HOMMAGE À VICTOR HUGO

Pierre LOUŸS

Le Satyre, Amour roux qu’il créa dieu des dieux, L’a repris pour soi-même et le porte à la tombe, Cadavre, mains d’où la clarté gouttèle et tombe Et qui livrent la lyre au vent mélodieux.

Il creusera la fosse à l’ombre d’un vieux arbre Près d’une source, où les nymphes d’eau souriront. Le soir, l’une viendra s’y défleurir le front, Et, tendre pour le Mort, couronnera son marbre.

Alors penchant les mains sur les joncs palpitants, Pan verra luire au ciel merveilleux des étangs Un pays pur de lune et de laiteux mystère ; Et la nuit sous les bois est de si triste argent

Qu’il pensera rêver tout au cœur de la terre, L’âme, parmi des prés d’asphodèles, songeant.

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