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1888

FUNÉRAILLES

Pierre LOUŸS

Plus pur que l’air nocturne où l’or bleu s’éblouit Plus pur que le désir suscité par les astres Un cœur de marbre qu’un lent souffle épanouit Fleur ! ô les cœurs d’acanthe aux cous blancs des pilastres !

Éclôt d’une colonne où l’or des astres luit. Les souvenirs de l’être et du jour et du bruit Se perdent, vieux voiles oubliés par leur âme. Le cœur, rose de glace aux doigts d’Elle, réclame

Le crêpe en lourds flots noirs des longs deuils de la nuit. Il se meurt d’une envie éternelle et tranquille. Sa vision descend dans l’hiver immobile, Descend, neige et l’ensevelit de lins ailés,

Extase qui revient des étoiles heureuses Suivre dans les déserts vers les lieux révélés Le silence mortel mené par les pleureuses.

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