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1888

ENVOI

Pierre LOUŸS

Au temps où nous aurions voulu vivre, vous fûtes L’idole devant qui s’inclinaient une à une Les femmes de la Nuit et les fleurs de la Lune, Les longs iris, au bras des joueuses de flûtes.

Les amants à vos yeux cédaient aux chères luttes, Car vos yeux étaient bleus comme un soir de Neptune. Les naïades à vous consacraient leur fortune Et votre nom chanté montait du bruit des chutes.

Moi seul je connais l’ombre où revit la statue. De bijoux et de fleurs je l’ai toute vêtue Et j’y vais chaque soir pour un dessein nocturne, Porter, suivant l’antique et sinistre coutume,

Deux colombes sans tête et leur sang dans une urne À celle qui naquit d’une cruelle écume.

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