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1888

DERNIER SONNET

Pierre LOUŸS

L’ogive d’ambre et d’or s’ouvre aux lueurs éteintes Qui s’élèvent du chœur avec l’air et l’encens, À travers le vitrail des contours pubescents Où les plis enroulés courbent leurs formes teintes.

La voussure est ouvrée en galbes délicats, Chevelus comme un front d’enfant parmi les boucles ; Les rubis douloureux sur des lits d’escarboucles Alternent jusqu’au cœur leurs jais et leurs micas.

Et j’adore le sexe ogival et mystique, Le symbole chrétien de la pudeur antique : La Vulve, — ô le plus merveilleux des mots humains ! Mais je veux enchaîner mes lèvres et mes mains

Pour vaincre le désir exultant qui regimbe… Et je ceindrai la Chair d’un horizontal nimbe.

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