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1888

CHUTE DE JOUR

Pierre LOUŸS

L’ombre odorante où vibre une lueur fleurie S’égaye à la brise aux reflets du jour changeant. Le sillage de l’air limpide est bleu d’argent Comme un fond d’eau où le soleil se colorie.

Et dans le cadre des feuilles, la closerie Aérée, où des libellules vont nageant, Avec des gestes se déchevèle en neigeant Des parcelles de rose amoureuse et mûrie.

Le vent fragile vient parmi les frondaisons Allongeant les soleils cerclés sur les gazons Ébruiter un frisson sous les feuilles dorées, Mais le bois déjà noir jusqu’aux longs horizons

S’endort dans la fraîcheur plus sombre des orées Aux bras pernicieux et pâles de la nuit.Aux bras pernicieux et pâles de la nuit.

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CHUTE DE JOUR · Pierre LOUŸS · Poetry Cove