Ô Claude-Achille Debussy, En quel endroit de notre sphère Criez-vous : Vive la Russy ! Comme tout bon Français doit faire ?
La rue au nom de Cardinet A-t-elle perdu votre boule, Rue où jadis Louÿs dînait Avant que d’être à la Bourboule ?
Fîtes-vous un autodafé De cent doubles croches en flamme ? Allez-vous de bouge en café, L’œil vitreux et le vague à l’âme ?
Gémissez-vous : « J’ai quatre et as ! » Craignant qu’un double ne descende ? Instrumentez-vous Pelléas Sous les flûtes de Mélisande ?
Inventez-vous je ne sais quel Braiment qui fait peur à la bonne Pour hurler tout à coup : Arkël ! Sur deux-septièmes de trombone ?
Ou, lorsque votre esprit subtil Change de route et se relaye, Parfois un désir vous prend-il De rouvrir la pauvre Saulaie ?…
Bougre d’animal, je ne sais ! Car la vie est pour toi si rose Que tes doigts ne sont point pressés De m’écrire une lettre en prose.
Enterrant d’injustes guignons Au sein de la belle nature, Tu fais aux pays bourguignons La verte villégiature.
Chaque jour, tu viens prier Dieu Sur le carrefour que l’on nomme La place Dieu, ou Boïeldieu, Comme dit Tribulat Bonhomme.
Tu mets un métacarpe entier Dans le sac de tonnante gloire Que saint Gustave Charpentier Fait sonner jusqu’en Saône-et-Loire.
Et bientôt on ne pourra plus Dire de toi ce qu’on en pense, Sans imiter des gens velus Qui portent chaîne sur la panse.
Eh bien ! si le tas de ton or Vaut l’opulence de ma rime, Si ton soprane et ton ténor Ne roucoulent pas pour la frime,
Si tu portes au second doigt Un rubis gros comme cétoine, Je donnerai ce que l’on doit Au bon Monseigneur saint Antoine ;
Car je lui ai promis cent sous Pour envoyer, d’une main sage, Dans le vingt-sixième dessous Tous ceux qui gênent ton passage !
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