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1882

ZEUS

Jean LORRAIN

LE front ceint de rayons et les paupières closes, Zeus, implacable au faible et propice aux puissants, Préside à l'harmonie éternelle des choses, Assis dans la clarté des deux retentissants.

Grave, il prévoit l'effet et reconnaît la cause, Penché sur l'avenir des âges renaissants, Où son ombre, selon son caprice morose, Met une splendeur d'astre ou des rougeurs de sangs.

A ses pieds des sanglots, des râles, des huées S'exhalent, arrivant à travers les nuées Doux comme des baisers donnés entre des fleurs. Et tout l'Olympe écoute au loin vibrer et rire,

Avec des sons de harpe et des langueurs de lyre, La haine du vieux monde et ses vieilles douleurs.

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ZEUS · Jean LORRAIN · Poetry Cove