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1885

VOLEUSES

Jean LORRAIN

On ne les verra plus, elles ni les frôleuses Traînes de satin blanc ni les fins tissus d’or, Dont la mère et la fille ornaient hier encor Les bals du Président, car ce sont deux voleuses.

Le père ayant été chirurgien-major Dans l’armée, on a fait au nom la faveur rare De ne pas envoyer la fille à Saint-Lazare Et la mère au dépôt, et c’est peut-être un tort ;

Car la mère aujourd’hui vit aux frais de la fille, Horizontale rousse au feutre empanaché Et qui ne vole plus sa robe au Bon-Marché : Ce qu’on vole aujourd’hui, c’est le fils de famille,

C’est le mari galant à sa femme arraché, Car c’est sa nudité charmante qui l’habille.

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