Agonise la svelte et douce créature,
L'enfant aux épaules froides, comme azurées,
Aux petites oreilles jamais effleurées
D'aveux d'amour.
Un parc à l'ondoyant murmure
La tenait dans son ombre invisible et murée.
Parmi la clématite et la pourpre des mûres
Elle errait blanche et calme, écartant les ramures,
Et les lilas neigeaient sur sa tête dorée.
Son père, un vieux baron, guerroyait dans de vagues
Et très lointains pays pour un roi de Bohême,
Et l'enfant solitaire, assise entre les vagues
De verdure, épelait quelqu' antique poème,
Ou suspendait distraite une à une ses bagues
Au* tiges des roseaux empanachés d'or blême.