KRESSIDA la Troyenne a le regard pervers.
Un désir jeune et fou dilate sa narine,
Et dans son œil perfide, aux mobiles éclairs,
Rit la verte clarté de la vague marine.
Sous les baisers des rois assoiffés de sa chair,
Sa lèvre humide et rouge et sa blanche poitrine
Ont pris une saveur troublante, un goût amer,
Et son torse a des tons polis de nacre fine.
Les beaux jeunes guerriers de Troie, Hector, Paris,
Troïlus l'ont aimée et fait râler jadis.
Pour chacun d'eux sa bouche avait un fier sourire.
Maintenant Kressida rit au fils de Thétys
Et, lascive au murmure attendri d'une lyre,
L'enivre de ses yeux clairs et froids d'hétaïre.