Skip to content
1883

TIPHAINE

Jean LORRAIN

Tiphaine, elle, invisible, au bord des fondrières Errait au clair de lune, et les roses bruyères, Se haussant sur leur tige en fleurs, baisaient sa main. De peur qu'un indiscret rôdeur voulut la suivre,

Elle marchait pieds nus, et, sur ses pas, un nain Refermait la broussaille obscure, et son hennin Se profilait en noir sur le grand ciel de cuivre. Tambourinant des doigts sur un miroir poli

L'appel aux quatre vents de l'espace sonore, Elle faisait chanter la rouge mandragore, Puis, tournoyant trois fois sur un rythme joli Et tendre, elle cueillait enfin la fleur d'oubli,

Dont l'essence mêlée au suc des jusquiames Rend la vigueur au mâle et la jeunesse aux femmes.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
TIPHAINE · Jean LORRAIN · Poetry Cove