Comme une feuille d'or qu'un léger souffle emporte
Et les plis de sa robe effleurant le sol frais,
Ma Jeunesse défunte erre au pied des cyprès
Et de loin m'a fait signe et j'ai suivi la morte.
» Qu'as-tu fait, me dit-elle, ami, de ton escorte,
« Du long cortège on deuil des pleurs et des regrets
« Qui suivait l'an passé mon cercueil ici près. »
Et du vieux cimetière elle entr'ouvre la porte.
« Tes pleurs vite essuyés ont fait place aux plaisirs,
» Les sanglots aux baisers, les regrets aux désirs
« Jamais inapaisés des voluptés maudites.
« Tu n'as su ni prier, ni pleurer, ni souffrir,
« Et sur la tombe vide, où morne tu médites,
« Rien ne survit dans l'ombre, ou rien n'a pu fleurir. »