DEBOUT dans la splendeur des blanches nuits d'hiver,
La blonde Séléné sans tunique et sans voiles
Préside au chœur nocturne et rêveur des étoiles
Menant la danse ailée au fond du ciel ouvert.
Un fin croissant d'argent dans ses cheveux d'or clair,
Elle agite en riant entre ses bras d'opales
Un grand arc en ébène et les nuits sidérales,
Sont les reflets tremblants et nacrés de sa chair.
Les traits de son carquois sont les rayons lunaires,
Pères des visions, des fables légendaires
Qui dansent dans la brume en se donnant la main
Et, debout dans la nue, elle sourit en rêve
Au pâtre sur les monts, au pêcheur sur la grève.
Et blanchit doucement les arbres du chemin.