L'or affaibli des chrysanthèmes
S'allume, jaune et sulfureux,
Dans un ciel aux nuages blêmes,
Qu'écarte un souffle douloureux
Et, par la campagne épandues,
Les tristesses du Jour des Morts
Font plus seules et plus perdues
Ces tristes fleurs et leurs vieux ors
Pareils à des fleurs défeuillées
Mortes sous un soleil éteint,
J'adore leurs pourpres rouillées
Et leurs pâleurs de *viel étain,
Car dans mes songes, où détonne
L'éclat des sons et des couleurs,
Ils mettent un parfum d'automne
Précoce et doux, sans cri ni pleurs.
L'or affaibli des chrysanthèmes
S'allume, jaune et sulfureux,
Dans un ciel aux nuages blêmes,
Qu'écarte un souffle douloureux.