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1882

RENAISSANCE

Jean LORRAIN

SALUT ô Renaissance, ô forêt enchantée, Où, debout dans la source, aux sons lointains du cor Diane de Poitiers dans les joncs arrêtée Mire sa nudité blonde et nous charme encor.

Aux cornes d'or des cerfs assouplissant son corps, La charmeresse rit et sa jambe argentée, Comme un fuseau de nacre, éblouit leurs yeux morts. Salut, verte forêt, des naïades hantée !

Les sveltes lévriers lèchent ses pieds d'ivoire, Ses pieds nus modelés sous les doigts fins d'Éros Et, comme un lys d'avril, entre les joncs éclos, Des défuntes amours éveille la mémoire,

Ses épaules de neige évoquent dans leur gloire La vision des Louvre et des Fontainebleau.

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