SOUS la tente d'Achille au milieu des armures
Le beau Patrocle, orgueil jadis des prés fleuris
De Thrace, où bondissaient ses splendides chaussures
D'hyacinthe, à clous d'or étoiles de rubis,
Le beau Patrocle est là, blême et les yeux meurtris.
Achille a dénoué sa blonde chevelure
Et, pressant dans ses mains ses pieds endoloris,
Il en baise en pleurant la noire flétrissure :
« Je ne verrai donc plus courir tes pieds d'ivoire,
« Tes bras nus m'enlacer ni tes beaux yeux s'ouvrir,
« Tes yeux de violette où l'ombre était plus noire. »
Il dit et, plein de rage au cruel souvenir
Du temps où côte à côte ils forçaient la Victoire,
Sur l'adoré cadavre il s'étend pour mourir.