Skip to content
1883

ORIANE

Jean LORRAIN

Oriane la fée était l'effroi du pâtre… Vaguement entrevus dans, son antre bleuâtre, Dormaient, las et charmés, des preux casqués d'orfrois. Allumant les joyaux et les claires simarres,

Une lune fantasque aux rais glauques et froids Glissait dans la caverne et les beaux palefrois Paissaient l'herbe à l'entrée, harnachés de cuirs rares. Guidé par la huette ululant dans les bois,

Amadis vint au seuil de la grotte divine Et, devant la lueur emplissant la ravine, Le sire errant, sans crainte, ayant corné trois fois Sans réponse, entra, lui, dans l'antre et, de ses doigts

Déchirant le rideau de lierre et de liane, Pour ce geste hardi, fut aimé d'Oriane.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
ORIANE · Jean LORRAIN · Poetry Cove