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1885

OISEAU D’HIVER

Jean LORRAIN

Les beaux retours des bois sont les retours d’automne, Quand, grelottant d’avance aux premiers froids d’hiver, Les belles au nez rose, aux fins cheveux d’or clair, Descendent l’avenue au grand trot monotone

De leurs chevaux anglais. Un flux de vétiver Monte des peaux de loutre, où leur beauté frissonne ; Et les mors nikelés, la gourmette qui sonne,

Bruit, vitesse et clarté, les nimbent d’un éclair. Parfois sur leurs genoux une feuille fanée Tourbillonne, et, pensive, entr’ouvrant ses yeux lourds, Peut-être qu’elle songe aux défuntes amours !

Non pas, chacune songe aux notes de l’année, À monsieur mal en train, endetté, sans débours, Et chacune regrette et l’Empire et les Cours.

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