AUPRÈS d'un clair ruisseau tout fleuri d'asphodèles,
Narcisse, le beau pâtre au front ceint de pavots,
Dont le nom fait rêver les jeunes immortelles,
Narcisse est là, couché, sans force et les yeux clos.
Son front blême et trop lourd pour son épaule grêle
Penche dans l'herbe haute et baigne dans les flots.
Un désir vide et fou brûle dans sa prunelle
Et sa lèvre béante épuise des sanglots.
« Je t'aime et tu me fuis… je t'aime, ô viens Narcisse ! »
Il dit. Une sueur inonde son front lisse,
Tout son beau corps s'allonge au travers des ruisseaux,
Sa chair vibre… et le front sous les larges calices
Des iris d'eau, l'œil vague, épuisé de délices,
L'éphèbe inassouvi meurt au pied des roseaux.