LA belle Mélusine enivrait les regards,
Si blanche, avec ses yeux couleur d'aigue-marine,
Que le peuple, effrayé de sa splendeur divine,
La chassa de sa ville et là, sous les remparts,
Les bras nus cerclés d'or et lourde de brocarts,
Elle errait à pas lents, la pâle Mélusine,
Et des larmes roulaient sur sa blanche poitrine,
Entre ses cheveux roux sur son beau col épars.
Elle parvint ainsi dans le pays des fées
Et là, dans des ravins pleins de voix étouffées,
Elle fit halte… alors elle vit que les loups
Dociles la suivaient et que ses grands yeux doux,
En se fixant au ciel, arrêtaient les nuées
Errantes sous la lune et le vol des hiboux.