En robe orientale en coiffe sarrazine,
Au parapet jauni la pâle Mélusine
S'accoude et l'avenir est son souci poignant.
Devant l'horizon rouge aux créneaux accoudée,
Elle songe au destin des futurs Lusignan,
Soudain prise à l'aspect de ce grand ciel saignant
D'un vaste et morne ennui des beaux soirs de Judée.
Elle sent, triste et lasse, aux derniers rais du jour
Venir l'heure du charme et des métamorphoses,
Et ses yeux prévenus veulent voir dans les roses
Du couchant, un adieu du monde à son amour.
Déjà grêle et visqueuse au sommet de la tour,
Elle voit ses bras nus verdir sous les écailles
Et le froid du serpent la saisit aux entrailles.