Sur un ciel lavé d'aquarelle
C'est en taffetas rose et gris,
La taille fine et la main frêle,
Ses cheveux blonds poudrés d'iris,
Une marquise délicate,
Qui semble avec ses yeux noyés
Pleurer des larmes d'automate
Dans un parc aux bosquets rouillés.
Cette fausse angoisse attendrie
N'est dans ce falbalas vainqueur
Qu'une exquise minauderie
D'un fade à vous tourner le cœur !
Et pourtant une acre tristesse,
Acre comme un parfum ranci,
Vous navre devant cette Altesse,
Se pavanant dans son souci.
C'est qu'en cette belle maussade,
Traitant les rêves d'importuns,
Revit l'âme sèche et malade
D'un *sièce énervé de parfums ;
Et c'est le navrement des choses
Et des rires trop tôt mûris,
Qui chatoie en reflets moroses
Dans ce taffetas rose et gris.
Sur un ciel lavé d'aquarelle
C'est dans un falbalas vainqueur
Une marquise vague et frêle
D'un fade à vous tourner le cœur !