Skip to content
1882

LES CYGNES

Jean LORRAIN

IL est dans Tennyson un chant plein d'amertume Où, parmi les récifs au pied d'un vieux manoir, Un vieux roi presqu' aveugle à la barbe d'écume, Seul en face des flots, vient au couchant s'asseoir

Et là, les yeux fixés dans l'horizon qui fume, Son regard attristé suit, pris d'un vague espoir, Un grand vol éclatant de cygnes dans la brume, Fugitive blancheur apparue au ciel noir.

Le sillon lumineux des cygnes sur la grève, C'est ton image encor vivante dans mon rêve, Souriante au milieu des bonheurs entrevus. Tu renais et voilà que le présent s'efface

Et dans les deux plus clairs le divin essaim passe : L'essaim des heures d'or et des songes perdus.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LES CYGNES · Jean LORRAIN · Poetry Cove