IL est dans Tennyson un chant plein d'amertume
Où, parmi les récifs au pied d'un vieux manoir,
Un vieux roi presqu' aveugle à la barbe d'écume,
Seul en face des flots, vient au couchant s'asseoir
Et là, les yeux fixés dans l'horizon qui fume,
Son regard attristé suit, pris d'un vague espoir,
Un grand vol éclatant de cygnes dans la brume,
Fugitive blancheur apparue au ciel noir.
Le sillon lumineux des cygnes sur la grève,
C'est ton image encor vivante dans mon rêve,
Souriante au milieu des bonheurs entrevus.
Tu renais et voilà que le présent s'efface
Et dans les deux plus clairs le divin essaim passe :
L'essaim des heures d'or et des songes perdus.