Skip to content
1883

LE PUITS QUI CHANTE

Jean LORRAIN

Las de trouver au gîte une femme méchante, Les soirs, quand il rentrait harassé du labour, Il allait, le pauvre homme, à pas lents dans sa cour S'asseoir au large bord dallé du puits qui chante.

Le front calme, attentif à la chanson touchante Des rêves éclipsés et des heures d'amour, Le pauvre homme attendri venait la chaque jour Pris aux voix du passé, dont l'écho seul enchante.

Il y vint tant de fois que l'aube à son retour Un matin l'y trouva mort. Admirant son zèle Et l'exemple nouveau d'un trépas si fidèle, J'avais pris dans mes mains cet humble front trop lourd,

Quand sa femme accourue au bord de la margelle, Me dit : « Ne pleurez pas, le pauvre homme était sourd. »

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LE PUITS QUI CHANTE · Jean LORRAIN · Poetry Cove