Skip to content
1883

LA COUPE

Jean LORRAIN

Lascive et les bras nus ruisselants d'esclavages, Lu fille aux yeux cruels, allourdis de sommeil, Me tend d'un geste las la coupe en or vermeil Et m'invite à tremper ma lèvre aux noirs breuvages.

« Bois, me dit sourdement la fille aux yeux sauvages » Bois l'engourdissement et la mort sans réveil, » Bois la volupté lente et l'oubli du soleil, » Bois le superbe amour des éternels servages,

« Bois et tu connaîtras le dédain des baisers « Et le calme puissant des désirs épuisés. » Et moi. soudain mordu d'un caprice d'homme ivre, Je vidai d'un seul trait la coupe et, quand j'eus bu,

le pleurai mon désir et le charme rompu, En sentant que l'or pur avait un goût de cuivre.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LA COUPE · Jean LORRAIN · Poetry Cove