Et l'homme au feutre gris sourit. Sa mine lasse,
Sa pâleur, sa main longue et l'exquis nonchaloir
De sa pose et ses yeux ivres de désespoir
Contaient tout un hautain passé de grande race :
Une enfance princière au fond d'un vieux manoir
Entre des lévriers et des chevaux de chasse
Et des longs entretiens les soirs à la terrasse
Avec des cavaliers masqués de velours noir ;
Des femmes aux yeux peints bruissantes de moire,
Des grands étangs royaux, où les biches vont boire
Au fond d'un parc ancien, hanté de demi-dieux
Et, triomphant Olympe animé sous les nues,
Étincelants d'écume au coin des avenues
Des groupes de Tritons et d'Éros radieux.