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1887

II

Jean LORRAIN

Un ciel de fin d'octobre, où la vague rougeur D'un lointain crépuscule agonise et frissonne, Un banal horizon de coteaux monotone, Et dans un angle inscrit, ce mot : Le Voyageur.

Avec quelle tristesse et quel ennui vengeur, Fatal, inéluctable il retombe et résonne, Ce nom, morne et charmant comme un adieu d'automne Le Voyageur !

Hélas ! beau cavalier songeur, Sous les lunes d'hiver et les midis de flamme Les chemins parcourus et le regret laissé Dans l'ignoré village, où peut-être un baiser

S'égrena de ta bouche aux lèvres d'une femme, Ont-ils si puissamment ulcéré ta jeune âme, Que le désir de vivre en toi soit épuisé ?

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