Un ciel de fin d'octobre, où la vague rougeur
D'un lointain crépuscule agonise et frissonne,
Un banal horizon de coteaux monotone,
Et dans un angle inscrit, ce mot : Le Voyageur.
Avec quelle tristesse et quel ennui vengeur,
Fatal, inéluctable il retombe et résonne,
Ce nom, morne et charmant comme un adieu d'automne
Le Voyageur !
Hélas ! beau cavalier songeur,
Sous les lunes d'hiver et les midis de flamme
Les chemins parcourus et le regret laissé
Dans l'ignoré village, où peut-être un baiser
S'égrena de ta bouche aux lèvres d'une femme,
Ont-ils si puissamment ulcéré ta jeune âme,
Que le désir de vivre en toi soit épuisé ?